Paul Grouanne

Paul, Marie, Rémy, Adrien GROUANNE naît le 1er février 1894, à Fontenay le Comte, dans la maison de ses parents, Paul-Léon, organiste de l’église Notre-Dame de Fontenay le Comte, professeur et compositeur de musique, et Marie née JAMAIN.

MaisonGrouanne

Maison natale de Paul Grouanne à Fontenay-le-Comte

 

 

 

 

Cette maison existe toujours, à Fontenay le Comte, au 49 rue André Tiraqueau [1]. Elle avait été achetée en 1886 par ses grands-parents, Pierre Auguste et Lina JAMAIN, agriculteurs et propriétaires terriens de Thouarsais-Bouildroux (Vendée). Elle fut revendue dès la fin de la guerre, en juillet 1945, par Paul-Marie GROUANNE, et sa sœur Cécile, juste après le décès de leur mère, en novembre 1944.

 

Paul-Marie GROUANNE reçoit une éducation marquée par la foi catholique de ses parents, et par la musique. Il restera toujours très attaché à ses racines vendéennes. « En 1914, breveté militaire musicien, il est appelé à faire son service au 137ème de ligne, à Fontenay le Comte. Bien entendu, il suit le peloton des élèves caporaux, puis celui des élèves officiers de réserve, et, son service terminé, il est nommé aspirant et maintenu au 137èmeI.»[2].

Une prière à Jeanne d’Arc

 

Prière à Jeanne d’Arc, composée par le père de P. Grouanne, pendant la guerre, à Fontenay-le-Comte

Jeanne d’Arc, béatifiée en 1909, est alors une figure populaire, à la fois religieuse, patriotique et féminine. Les paroles invoquent ce « rempart du séjour éternel », « ange consolateur » des deuils et « appui fidèle » de la patrie, « symbole des cœurs unis sous une même loi » au temps de l’Union sacrée, alors qu’il y a « grande tristesse dans le pays de France que le Teuton flétrit de ses horreurs ».

Son parcours dans la Grande Guerre

Paul GROUANNE, comme ses camarades, part au front, en renfort, à la 10ème compagnie du 137ème RI. »[3].

Au cours de la 2ème Bataille d’Artois, le 7 juin 1915, il est grièvement blessé au visage, lors de l’attaque sur la ferme de Toutvent, dans le secteur d’Hébuterne.[4]

« La conduite courageuse de cet officier, lui vaudra une citation à l’ordre de l’Armée, et la Croix de Chevalier de la Légion d’Honneur, après de pénibles mois d’hôpital et de convalescence, le 1er avril 1916 (sans compter la Croix de Guerre, et la Croix du Combattant). Ses blessures étaient trop graves pour qu’on puisse le renvoyer au front ».[5]

Citation de Paul-Marie GROUANNE à l’ordre de l’Armée :

« Adjudant (sic)  137e d’infanterie   a fait preuve d’énergie et d’audace dans l’attaque des tranchées allemandes ; s’est complètement dévoué pour repousser les contre-attaques ennemies jusqu’au moment où il a été très grièvement blessé (7 juin) ».

Nomination dans l’ordre de la Légion d’Honneur :

« Chevalier de la Légion d’Honneur   sous-lieutenant à titre temporaire   à la 10e compagnie du 137e rég. d’infanterie   officier courageux. Le 7 juin 1915, a entraîné click here vaillamment sa section à l’assaut des tranchées allemandes et a été blessé grièvement en repoussant avec vigueur une contre-attaque. Perte de l’œil gauche. »

Entre le 7 et le 14 juin 1915, le 137èmeI. perd près de 40% de son effectif au combat (168 tués, dont 8 officiers ; 862 blessés dont 12 officiers ; 25 disparus)[6].

FERME TOUTVENT

Ferme de Toutvent, où Grouanne fut blessé

Paul-Marie GROUANNE est définitivement réformé en 1917.[7]

Par décret du 10 Août 1953, il sera ultérieurement nommé Officier[8] de la Légion d’Honneur, en tant qu’ancien combattant.

Nomination de Paul-Marie GROUANNE comme Officier de la Légion d’Honneur :

« Né le 1 février 1894, à Fontenay-le-Comte, demeurant 34, rue de la Poste, à Parthenay (D.-Sèvres). – Serv. milit. : Camp. 14-18. S/Lieuten. au 137 R. I. 1 bless. Pensionné 90 %. Avoué. Président de la Section Parthenay de l’A.G.M.G. Président de la Fédér. des Stés Musicales de l’Ouest. Administrateur de la Caisse d’Epargne.

Décor. : Cr. de Guerre 14-18 av. palme, Cr. du Combattant, O.A., Etoile Noire, Off. Nichan Iftikhar, Méd. Mutualité et Prévoyance Sociale.

Promu Off. L.H. décr. 10-08-53 (Anc. Combatt.).

Remise de la Légion d’honneur à Paul Grouanne, dans les années 1950

Après la guerre:

 Après la guerre, Paul-Marie GROUANNE exerça comme avoué, à Issoudun (Indre), puis à Parthenay (Deux Sèvres), où il fut , quoique pensionné à 90%, particulièrement actif dans le domaine associatif (fondateur du syndicat d’initiative de Parthenay, dont il fut le président en 1926 ; président de la société des Mutilés en 1929 ; président de l’Union Nationale des Mutilés de Guerre en 1966 ; …), et en politique (il fut en particulier maire de Parthenay de 1939 à 1941), mais également dans le domaine de la musique (Président de la Fédération des Sociétés Musicales de l’Ouest).

Carte Société d’entraide des membres de la Légion d’honneur, 1931

Paul-GROUANNE avait épousé, en 1920, Edith COUSIN, de La Chapelle Themer (Vendée). Ils n’eurent qu’un fils, Charles, qui mourut dans des conditions dramatiques, début 1945 à Nuremberg, comme « requis du STO[9]».

Références

[1]          Discours de remise des insignes d’Officier de la Légion d’Honneur à Paul-Marie GROUANNE, par Monsieur Olivier FARGEAULT (1953).

[2]          Historique du 137ème Régiment d’Infanterie.

[3]          Journal des Marches et des Opérations du 137ème R.I. (Côte SHD 26 N 690/1)

[1] Voir photo.

[2] Extrait de Réf. [1]

[3] Extrait de Réf. [1]

[4] Voir Réfs. [2] et [3]

[5] Extrait de Réf [1]

[6] Voir Réf [3]

[7] Voir Réf [1]

[8] Voir Réf [1]

[9] STO : Service du Travail Obligatoire, imposé par l’Allemagne à la France, sous le gouvernement de Vichy.

Remerciements à MM. Cazaubon et Piet pour les informations et documents reçus.