L’hôpital de Parthenay

Il y a deux hôpitaux accueillant des militaires à Parthenay pendant la Grande Guerre : l’hôpital-hospice, qui existait déjà, et l’hôpital complémentaire n° 9, créé pour la durée de la guerre. L’hôpital complémentaire occupe des bâtiments qui sont réquisitionnés dans la ville (collège, école de filles, etc.).

 

Hôpital temporaire n°9 de Parthenay. Coll. Drillaud.

A l’hôpital complémentaire, ce sont des infirmières bénévoles de la Croix-Rouge qui soignent les blessés.

Blessés et mutilés. Coll. Y Drillaud

Les blessés arrivent à Parthenay par les « trains sanitaires ». Les propriétaires d’automobiles ou autres véhicules transportent les victimes de la gare à l’hôpital. Les soldats qui arrivent à Parthenay ne sont pas originaires de la région et on les répartit dans les différents hôpitaux selon les places disponibles.

Photographie prise à l’Hôpital de Parthenay. Coll. Bourgeat

Un comité de secours pour les blessés est créé à Parthenay. Il s’occupe de récolter de l’argent : les dons servent par exemple à offrir du chocolat ou du tabac aux blessés. Les femmes de la campagne cousent des pansements avec du vieux linge. Les enfants se cotisent pour donner des oranges à noël. De même, plusieurs dames de la bourgeoisie parthenaisienne participent à l’effort de guerre en devenant des infirmières.

Emma THOMAS, infirmière de la Croix-Rouge à Parthenay. Coll. Guillot

Courrier de la Croix-Rouge de Sannois, adressé au maire de Parthenay

Lorsque des soldats meurent à l’hôpital, ils sont conduits au cimetière, avec le drapeau et des couronnes. Des discours click here font l’éloge du soldat décédé. Aujourd’hui, ces tombes existent encore et sont entretenues pour conserver leur mémoire.

Des blessés allemands à l’hôpital de Parthenay

Extrait du carnet de Léon JOLY, soldat neveu du maire de Parthenay, qui sera prisonnier de guerre en Allemagne

Dans ses souvenirs, Léon JOLY parle de deux blessés prisonniers allemands qui ont été soignés à l’hôpital de Parthenay au début de la guerre, lorsqu’il est encore stationné à la caserne Allard :

Très souvent, je suis allé en permission presque tous les samedis soit en bécane, soit en tram. Ma femme est venue elle-même deux fois m’y voir accompagnée des enfants. C’est en sa compagnie qu’un dimanche visitant l’hôpital avec mon petit Paul, j’ai pu voir les premiers blessés allemands, dont la petite scène ne sortira jamais de ma mémoire.

Ma tante très généreuse toujours nous avait dit que pour nous faire remarquer les blessés allemands placés au milieu des Français, elle leur donnerait d’abord à eux des cigarettes ainsi fut fait. En train de distribuer son tabac, mon attention fut tout à coup attirée par le pauvre blessé allemand blessé à la cuisse qui attirait à lui mon petit garçon alors âgé de trois ans et qui se laissait faire. Le pauvre homme pleurait à chaudes larmes. J’ai pensé qu’il était lui aussi père de famille ; il m’a bien touché car je n’ai pu m’empêcher de pleurer. Il aurait voulu l’embrasser en souvenir des siens car il était père de deux enfants. Toute l’assistance a été remuée et pleurait de cette petite scène, mon petit garçon s’en rappelle bien encore lui aussi. Le blessé était maître d’hôtel à Cologne, il était très bien vu ainsi que son compatriote, il a pu même correspondre avec sa famille de suite par l’intermédiaire de mon oncle.