L’alimentation des soldats

Pendant la Grande Guerre, une des préoccupations principales pour les soldats fut de s’alimenter dans des conditions souvent difficiles.

Comment se ravitailler

En août 1914, les civils restés près du front contribuent à nourrir les soldats autant que l’intendance. Maurice BRILLAUD signale qu’au retour du combat de la route de Marville, à l’entrée de Port-sur-Seille, « des civils compatissants nous donnent des œufs crus que nous avalons avidement ». Puis à Dombasle de « braves femmes de la ferme » leur donne du lait frais. Le 18 août, une autre « brave femme » fournit un copieux dîner à Brillaud et trois autres soldats favorisés : « soupe grasse, bœuf bouilli, pommes de terre, frites, deux litres de bière ».

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Les soldats reçurent une alimentation à base de viandes et conserves. Le pain était le plus souvent moisi ou rassi, la soupe froide quand elle arrivait des cantines restées à l’arrière. Le 19 août, Maurice Brillaud mange les « haricots de l’administration » militaire qui cuisent dans une « marmite d’escouade ». La corvée la plus pénible dans les tranchées est d’amener l’eau et les provisions en première ligne.

Majoritairement issu du monde paysan, les soldats de 14 avaient conservé des réflexes de chasseurs. C’est ainsi qu’un lièvre améliore l’ordinaire d’Henri NEVEU le 5 octobre 1914. Il en est de même pour l’allemand Karl Andreas LOHERSTORFER qui raconta après la guerre avoir capturé un autre lièvre dans un trou d’obus.

Les soldats ont aussi été de tous les temps des chapardeurs et n’hésitent pas à se servir dans les exploitations ruinées ou abandonnées. Maurice Brillaud dit qu’à Loisy, « il y a là des pruniers mirabelles chargés de fruit que nous dévorons voracement » puis un soldat ramène une barrique de vin rouge laissée par une civile qui part se réfugier à Nancy. click here Le 27 août, la 24e Cie du 314e RI, stationnée en forêt de Facq, envoie plusieurs patrouilles à Dombasle non pour reconnaître l’ennemi mais pour faire main basse sur les victuailles abandonnées par les habitants qui ont pris la fuite devant les bombardements : poulets, pigeons, canards, un cochon exécuté à la baïonnette, et la cave du château pillée.

Table de repas au confort spartiate (troupes du génie sur un terrain d’aviation) (photo Maurice BERNARD)

Tablée de soldats (photo Maurice BERNARD)

Scène de repas dans les tranchées (photo Maurice BERNARD)


A quelques occasions, lors des périodes de repos, les soldats pouvaient se permettre de grands repas, avec même des divertissements. Ainsi Henri NEVEU : « Le 26 novembre, grand festin chez « Bout de Zan », café boulanger, nous y mangeons 1 lapin. Le 3 décembre, gâteau à l’eau de vie, grande chorale de la 9e pièce avec accompagnement sous la direction de Perdriger, chef cuistot ».

Extrait du carnet d’Henri NEVEU

Le général Pinard

Signalons que si le « pinard » ne pouvait à lui seul faire tenir les soldats, il y a grandement contribué. Chaque soldat recevait un quart de litre de vin par jour en 1914.

Quart

Dessin d’Henri NEVEU

Carte postale

Carte postale