La chirurgie de guerre

Confronté à des blessures inédites, les chirurgiens adoptent de nouvelles pratiques et techniques, notamment en matière de réparation de la face ou de radiologie.

Extrait « Larousse médical de la guerre », 1917

Un carnet d’opérations chirurgicales

Les archives de l’hôpital de Parthenay comporte un intéressant carnet d’opérations d’un chirurgien local pendant la guerre. Ce chirurgien reste malheureusement non identifié.
M. Christian FLEURY a bien voulu effectuer certaines transcriptions, avec explications des termes médicaux. Arrivant « en bout de course » de la chaîne médicale, l’hôpital de Parthenay réalise surtout des opérations de complément (comme des redressements osseux) :

Acte 50. 11 mai 1915. Militaire. Ablation d’un petit éclat dans la gaine du muscle coraco-brachial et ouverture large d’une fistule avec un fragment de capote sur le trajet, suturé le 14 mai.

Acte 54. 15 mai 1915. Militaire. Trépanation de l’extrémité supérieure du tibia pour fistule après fracture.

Cavité assez vaste contenant 4 à 5 séparations, dont une grande comme un sou

Nettoyage complet, curetage.

Tamponnement serré pour comblement ultérieur.

Acte 58. Militaire. 17 mai 1915. (V. opération 54).

Plombage à la masse de Delbet.

La masse liquide est cousue au fond de la couche osseuse, et jusqu’au bord.

Quand elle est froide, on la tasse.

Suture par dessus.

La masse de Delbet était une technique utilisée dans les fractures au niveau des articulations des membres, survenues dans le contexte de la guerre, avec de grosses pertes de substance et hémorragie, et associée à une réunion primitive (cad. Suture immédiate).

Acte 57. Militaire. 16 mai 1915. Broiement d’extrémité supérieure de l’humérus par balle, entrée externe, large orifice de sortie interne. Longue incision click here externe, on traverse le deltoïde, on arrive sur le foyer de fracture. Ablation de la tête humérale en plusieurs fragments et esquilles. Fermeture.

Acte 70. Militaire. Broiement du coude par balle.

Incision dorsale. L’olécrâne tombe tout seul à terre. On constate que le cubitus est fendu longitudinalement sur une grande longueur. L’extrémité inférieure de l’humérus est broyée et extraite en plusieurs morceaux.

L’humérale est thrombosée et creuse la plaie, gênant le drainage. (cad. L’artère humérale)

On la resèque jusqu’au point perméable.

Pansement au formol.

Acte 108. Militaire. Suite opération n°70.

Résection de l’extrémité supérieure de ce qui reste de radius, cet os gênant l’extension, n’étant pas recouvert de bourgeons, et causant un clapier purulent.

Acte 90. Militaire (Klein) 29 mai

Ostéite de l’humérus. Ouverture sur la fistule externe, ablation d’esquilles. Cautérisation interne.

Tamponnement.

Acte 115. Plaie du pied. Séton interne, abcès externe.

Le séton est vertical et croise le bord interne du pied.

(un séton est un trajet interne entre un orifice d’entrée et un orifice de sortie).

On l’ouvre. Curetage de débris osseux libres, ablation d’un fragment adhérent du scaphoïde et qui surmonte la tête de l’astragale.

(L’astragale et le scaphoïde sont deux os contigus du pied).

Ouverture d’un abcès externe du dos du pied.

En essayant de sortir du pus venu de la prof. , entre les fibres du pédieux (il s’agit d’un muscle du dos du pied), on incise et on arrive sur le point de départ tarsien. Lésions peu nettes et non canalisées. Il n’est pas indiqué de toucher aux os. Tamponnement.

 

M. FLEURY a pu établir quelques statistiques à partir de ce carnet : Actes chirurgicaux de Parthenay 1914-18