Germain Rallon

Une vie entre Aubigny et Thénezay

Germain Rallon est né à Aubigny, en 1896, dans

une famille très modeste. Dans le hameau de La Coudrelle, sa mère tient un petit commerce où elle vend principalement du pétrole et du savon. Son père exerce diverses activités : vente de tissus, destruction des taupes, guérisseur.

Ses origines familiales sont donc rurales. Il passe toute sa jeunesse à Aubigny et c’est là qu’il situe son roman le plus connu, L’Ouche aux brebis, édité par Gallimard en 1941.

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Alors qu’il se destine au métier d’instituteur, la guerre survient et Germain RALLON est mobilisé en 1915 au 135e RI (il passera au 405e RI en mars 1916). Arrivé au front en décembre 1915, promu caporal, il est fait prisonnier le 24 juin 1916 à Verdun. Il combat à Verdun. Il sera interné au camp d’Ingoldstadt (Bavière), rapatrié en décembre 1918 et restera sous les drapeaux au 114e RI jusqu’en septembre 1919. Il reprend alors ses études à l’École Normale de Parthenay.

Après quelques remplacements en Gâtine, Germain Rallon est nommé instituteur à Thénezay en 1926, avec son épouse Marcelle, institutrice. Il devient directeur de l’école. Très engagé politiquement à gauche, socialiste, militant de la SFIO, membre de la Ligue des droits de l’homme, il est également franc-maçon.

A partir du Front populaire, il écrit des articles, attaquant violemment la droite locale et certains de ses représentants, dans Le Travail puis dans Le Semeur.

Un auteur à redécouvrir

En juin 1941, Rallon est révoqué de son poste à cause click here de son appartenance à la Franc-Maçonnerie. Il ne quitte son logement qu’en mars 1942, à la suite d’une dénonciation. Sa femme prend sa retraite et ils restent à Thénezay. De mai 1942 à novembre 1944, il rédige son troisième roman, La Vache et le Veau, resté à l’état de tapuscrit inédit jusqu’en 2015.

On sait que ses idées n’ont pas changé et qu’il est, bien sûr, contre l’occupant allemand. A-t-il fait partie de la Résistance autrement qu’en paroles ? Il est rétabli dans son poste à la fin de la guerre, peu de temps avant de décéder en 1945, d’un infarctus.

Une réédition de L’Ouche aux brebis a été faite par UPCP Gestes Éditions en 1988. L’école de Thénezay porte son nom depuis cette date. Le Pote, a été publié en mars 2014 chez Marivole. Il reste à éditer La Vache et le Veau et à exhumer quatre nouvelles que l’on connaît seulement par les extraits qu’en a donné Georges Picard. Ces dernières auront-elles échappé à la censure du temps ?

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Bibliographie

Frédéric Dumerchat, « Germain Rallon (1896-1945), Un instituteur et écrivain deux-sévrien dans la Grande Guerre », Le Picton, mai-juin 2014, n° 225 ;

Le Pote, Romorantin, Marivole Éditions, 2014, préface de Frédéric Dumerchat et contribution éditoriale d’Olivier Epié ;

Michel-Pierre Contart, « Germain Rallon. Enfant d’Aubigny, maître d’école et écrivain de Gâtine … », Bulletin de la Société historique et scientifique des Deux-Sèvres, 1989, 335-366 ;

Germain Rallon, L’Ouche aux brebis, Paris, Gallimard, 1941, préface de Charles Braibant, réédition UPCP, 1988, avec une préface de Maurice Poignat.