BONNET Théophile

Théophile Bonnet est né en 1897 dans l’Indre, à Baraize…

Le 8 juin 1918, il écrit une lettre du front à son oncle Eugène, cultivateur résident dans la ferme familiale de Cromay (commune de Baraize).

Enveloppe

Cette lettre est intéressante car elle fait état d’un « coup de main » de nuit d’un petit groupe, pour obtenir des renseignements. On est à la fin de la guerre, et la technique de combat d’infiltration s’est développée et améliorée pour limiter les pertes : préparation d’artillerie, armement maniable (grenades, carabines, revolvers), pas d’assaut direct contre une mitrailleuse. Les soldats aiment à prendre des « trophées », en l’occurrence un fusil Mauser qui pourra servir pour la chasse lorsqu’on reviendra au pays.

« Le 8 juin 1918,

Mon cher oncle,

Je vous ai écri hier soir en vous disant que nous montions faire un coup de main. Eh bien voici les résultats.

Nous craignions a une attaque, l’état-major en voulait des renseignements, pour cela toute la nuit il y avait sur le front de la division coups de main sur coup de main sans avoir aucun résultat. Le Colon voyant que les autres compagnies ne pouvaient rien ramener a désigné la mienne d’office. Hier soir à 10 h et demie, nous partions armés de grenades

de carabines et revolvers, arrivés entre les lignes à 11 h et demie, nous nous déployons en tirailleurs et l’opération allait commencer à minuit, le 75 faisait un tir sur la première ligne boche, nous avancions toujours à l’arme blanche quand tout à coup nous arrivons aux fils de fer boches. Là, nous avions ordre de nous arrêter, la mitrailleuse tirait, il a fallu se coucher, dix minutes après nous franchissions click here ces fils de fer en question et au bout de quelques secondes mon camarade de combat et moi tombions sur un petit poste boche qui était situé à l’arrière des fils de fer. Dans ce poste, il y avait deux fritz. De l’instant que nous les avons vus, nous avons bondis dessus revolver au poing et nous les avons capturés. J’ai rapporté leur fusils et tu peux croire cher

oncle que j’ai songé à toi. Je te conserve un bon Mauser avec les munitions voulu pour aller faire une tournée aux sangliers et aux chevreuils chez mon oncle Maillet.

Je ne sais encore les récompenses qui nous seront accordés, d’après ce que j’aurai entendu dire le colon nous aurait promis quelque chose.

Aujourd’hui, je pensais avoir une lettre de vous mais je n’ai eu encore rien. Je suis à me demandé si vos lettres ne nous parviennent pas, ou si c’est les miennes qui ne vous parviennent pas, de sorte que voici 11 jours que je suis sans nouvelles.

Pour aujourd’hui, rien de plus à te faire part, au plaisir de te lire, je te quitte Cher Oncle en t’embrassant de tout cœur ainsi que toute la famille.

Bons baisers de ton neveu qui t’aime

Théophile »

Théophile se mariera en 1920 et sera employé des chemins de fer.

Le neveu de Théophile Bonnet, qui demeure à Parthenay, a retrouvé aux archives de Châteauroux un état des services militaires qui relate la citation suivante au sujet de son oncle : « Cité à l’ordre du Régiment n°443 du 8 février 1918 ». Le 5 février 1918 a participé à un coup de main et s’est distingué par son sang-froid et son entrain. Très bon soldat, très brave, toujours volontaire pour les missions périlleuses. Attribution de la Croix de guerre avec étoile de bronze.